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PROG-RÉSISTE |by Alain Quaniers

Il est de ce oeuvres musicales qui attirent votre attention parce qu'elles sont riches, complexes, ou, à l'inverse, vides, mauvaises, creuses. C'est ce pour cela l'appréciation varie dans nos colonnes de 0 à 5. Mais, il y a, à mon avis, un type de CD précieux et relaticement rare: celui dont l'atmosphère vous envoûte directement, quelques accords à peine plus loin que le T = 0. C'est le cas de la présente production de CIRCLES END, groupe de jeunes mais très talentueux Suèdois. D'emblée, je mettrai les choses au piont: s'ils sont nordiques, ils n'ont rien à voir avec les chefs de file de la progressive venue des pays des fjords. Le seul parallèle que je ferai, mais il est de taille, concerne justement cette maestria dans la mise en place des ambiances, des climats. Et là, pas de doute à mes oreilles, les similitudes avec Landberk sont évidentes.

Côte, musique, c'est radicalement différent et même, novateur. Ce groupe est un style à lui seule: Circles End fait du Circles End, point. Un chanteur, deux guitaristes adeptes du e-bow (bidulton électronique utilisé comme un archet et capable de donner des sonorités de cordes cuivres et claviers, Big Country faisait ca très bien sur son premier album), un bassiste et un batteur. Plus deux guests pour les synthés et un peu des violon. Le groupe ouvre suivant un schéma que l'on pourrait résumer en une alternance de lents passages mélancoliques et de ponctuations plus alertes, guitares en tête. Là-dessus, Karl Jacobsen pose sa très belle voix, à la voix chaude et grave. Très intelligemment, ils n'ont pas poussé les potentiomètres pour restituer les guitares et on reste à des années lumières de prog-métal classique et prévisible. De plus, leurs agencements d'accords sont d'une grande finesse alors qu'ils paraissent simples. Tout simplement, ces jeunes musiciens ont un sene inné des constructions qui retiennent l'attention, des breaks qui enthousiasment, talent indéniable et aussi probant que chez Poetica Il Silencio. Alors, chers amis de la progressive, suivez mon conseil: faites fi des étiquettes et tentez l'expérience d'un groupe original réconciliant le Pain of Salvation tempéré et épuré et le Landberk of Lonely Land. Moi, c'est un des albums que j'écoute le plus en ce moment. Ca s'appelle un coup de coeur...